Dragage du port de La Teste-de-Buch

Arcachon : l’inquiétude grandit autour du port de La Teste-de-Buch

Article de David Patsouris pour Sud Ouest

Il est question du dragage du port de La Teste-de-Buch depuis trente ans

Le retard pris sur le dragage du port de La Teste et de la Cannelette risque, à terme, de rendre le dragage du port d’Arcachon enfin effectué cet hiver inutile.
Commençons par la bonne nouvelle : le port de travail, situé sur la partie est du port d’Arcachon, a été dragué cet hiver. Vendredi matin, lors d’une conférence de presse, les responsables de l’Union des professionnels du nautisme du bassin d’Arcachon (UPNBA) s’en félicitent : « Il n’avait pas été dragué depuis 1999, raconte Alexis Bonnin, vice-président de l’UPNBA. C’est une belle victoire. Depuis des années, nous travaillons dans des conditions si difficiles. Comment un loueur de bateau peut-il fonctionner avec des pontons à sec à marée basse ? »  Cette revendication était même en partie à la base de la création de l’UPNBA, il y a huit ans. Aujourd’hui, l’union regroupe une centaine d’entreprises adhérentes sur tout le Bassin, et elle a sa place dans les instances. Elle est même écoutée. En effet, la direction générale du port d’Arcachon a débloqué plus d’un million d’euros pour enlever plus de 30 000 m³ de sédiments et les faire traiter, à ses frais, au centre du Teich. Le bureau de l’Union des professionnels du nautisme du bassin d’Arcachon (UPNBA) : Marc Peintre, Emmanuel Martin, Alexis Bonnin, Laurent révolat, Jessy Mège.  Un préalable bloquait cette opération : il fallait aussi draguer la Canelette et le port de La Teste-de-Buch, en amont du port de travail. Ce que les usagers attendent depuis plus de trente ans. Avec la création du Syndicat mixte des ports du bassin d’Arcachon par le Département, la procédure a été enclenchée et les crédits provisionnés pour ce dragage. Du coup, la direction du port d’Arcachon a lancé son opération.

Retard dans  la Procédure

Sauf que tout semble se compliquer aujourd’hui. « Le dragage de la Canelette et du port de La Teste est repoussé, poursuit Alexis Bonnin. Nous sommes très inquiets, parce qu’on a maintenant peur que le dragage du port de travail  se rebouche assez vite. Qui bloque ce dragage ? Pourquoi ? Ce n’est pas à nous de nous prononcer mais si le retard se prolonge, nous sommes à la veille d’une catastrophe. »

Pour l’instant, le dosssier est bloqué. Le million d’euros du dragage arcachonnais pourrait n’avoir servi à rien, les usagers du port testerin attendent et il y a une troisième raison. Sur les prés-salés ouest de La Teste, une autorisation d’occupation temporaire (AOT) du domaine public maritime a été accordée cet automne à un groupement d’entreprises représenté par la SAS Arguin Aménagement. L’investissement est conséquent : plusieurs millions d’euros pour 40 000 m² dédiés à la création d’un port à sec et à l’installation d’entreprises nautiques. « Comment faire un port à sec sans eau ? Demande Emmanuel Martin. Le retard pris par le dragage met en péril la création du site. »
Le dossier du dragage testerin est encore dans les méandres de la procédure. Le Parc naturel marin n’a pas encore donné son avis, l’enquête publique n’a toujours pas été programmée. Et l’avenir est, pour le moment, aussi opaque que le fond du port…
Le décret d’Arguin proche du Conseil d’Etat 
Le bureau de l’Union des professionnels du nautisme du bassin d’Arcachon (UPNBA) attend avec impatience. Quand le recours, dont ils sont parties prenantes, contre le décret d’extension de la Réserve naturelle nationale du banc d’Arguin publié en mai 2017 sera-t-il examiné par le Conseil d’état ? Bientôt apparemment.

Le banc d’Arguin est toujours au coeur des préoccupations des professionnels du nautisme. Les conclusions des deux parties, la Cau’Barc (qui regroupe plusieurs associations de plaisanciers et l’UPNBA) qui a porté le recours, et le Ministère de l’Environnement, ont été déposées. « Nous attendons, explique Emmanuel Martin, le président de l’UPNBA.Notre espérance, c’est que ce décret soit cassé et que nous puissions le réécrire en bonne intelligence, avec tous les acteurs. »                    Pour autant, l’UPNBA ne veut pas passer pour des lobbyistes anti-environnement. « Ce décret, publié alors que nous travaillions tous sur la feuille de route du Parc naturel marin (PNM), est une blessure pour nous, assure Alexis Bonnin, le vice-président. Après le décret, l’été 2017 s’est mal passé, avec beaucoup de zèle de la part des gardes de la réserve. L’été 2018 s’est mieux déroulé, avec plus de tolérance. Il ne faut pas se tromper. Il ne s’agit pas d’un combat entre deux extrêmes. L’UPNBA est très sensible au développement durable, au comportement des gens sur l’eau, etc. »  Et l’UPNBA de montrer, pour preuve, les efforts de la profession dans ce sens, la dizaine de dossiers de labellisation « vague bleue » en cours d’instruction, la commission du PNM sur les solutions à trouver pour remplacer les antifoulings dont ils sont membres, etc.

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